samedi 11 juin 2016

J comme JOYEUX

Le JOYEUX, surnom qui désigne le soldat des Bataillons d'Infanterie Légère d'Afrique (B.I.L.A) ou Bat'd'Af '  - Il s'agit de bataillons disciplinaires constitués d'hommes sortant de prison.  A l'origine, seuls les soldats des 4e et 5e  B.I.L.A. se nommaient Joyeux. .


Les Bats d'AF (texte original)
Il est sur la terre africaine
Un bataillon dont les soldats, (bis)
Sont tous des gars qu'ont pas eu de veine.
C'est les bats d'Af et nous voilà, (bis)
Pour être « joyeux », chose spéciale,
Il faut sortir de Biribi, (bis)
Ou bien alors d'une centrale,
C'est d'ailleurs là qu'on nous choisit (bis)
Refrain
Et après tout, qu'est-ce que ça fout ?
Et l'on s'en fout ! Lalala
En marchant sur la grand route,
Souviens-toi, oui souviens-toi (bis)
Les anciens l'ont fait sans doute
Avant toi, oui avant toi, lalala
De Gabès à Tataouine,
De Gafsa à Médenine, lalala
Sac au dos dans la poussière,
Marchons bataillonnaires.
J'ai vu mourir un pauvre gosse,
Un pauvre gosse de 18 ans (bis)
Frappé par le destin féroce.
Il est mort en criant maman. (bis)
C'est moi qu'ai fermé ses paupières,
Recueilli son dernier soupir, (bis)
Qu'ai écrit à sa pauvre mère
Un vrai soldat vient de mourir, (bis)
Et comme on n'a jamais eu de veine,
Bien sûr qu'un jour on y crèvera, (bis)
Sur cette putain de terre africaine.
Dans le sable on nous enterrera, (bis)
Avec pour croix une baïonnette,
À l'endroit où l'on est tombé, (bis)
Qui voulez-vous qui nous regrette,
Puisque nous sommes des réprouvés.
Chanté dans "Les Réprouvés", film de Jacques SEVERAC (1937) (Wikipédia)
La légion, les parachutistes, les sous-mariniers reprendront cette chanson.


Mais où vais-je trouver un "Joyeux" dans les communes des 2 Rives. Il y en avait probablement parmi les milliers de mobilisés, mais aucun inscrit sur les monuments aux morts. J'ai donc trouvé un Tarn et Garonnais, né en 1887, laissé volontairement anonyme.


Jean D.
(82)
† Prosnes (51)

Fils posthume d'Antoine, décédé trois mois auparavant et de Marie C.

Ce n'est pas à un tendre pioupiou que nous avons à faire. Sa première condamnation inscrite sur la fiche matricule date de juin 1907. Il a alors 20 ans et n'est donc pas majeur. C'est également la seule condamnation pour laquelle il sera amnistié en 1919, probablement parce que  "Mort pour la France".

Après 2 années passées à la prison de Fresne, Il intègre le 5e Bataillon d'Afrique le 7 juillet 1910, il fera campagne en Tunisie en 1910, puis Tunisie et Algérie de 1913 jusqu'au 1er août 1914.

Il est affecté tour à tour dans les différents Bataillons d'Infanterie Légère d'Afrique
  • Campagne contre l'Allemagne  : 2 aout 1914 au 11 octobre 1915 - (4e BILA)
  • Opérations dans le sud tunisien : 12 octobre au 27 septembre 1916 - (4e BILA)
  • Campagne contre l'Allemagne :  28 septembre 1916 au 20 avril 1917 -  (3e BILA)
Il est décoré de la Médaille coloniale avec agrafe "Tunisie" le 10 février 1917.

C'est à Prosnes, dans la Marne, qu'il est tué à l'ennemi, cote 200, le 20 avril 1917.

Site Mémoire de Hommes
Fiche indexée mais masquée par mes soins.

Sources :
Archives Départementales du Tarn et Garonne
Site Mémoire des Hommes
Wikipédia
Gallica BNF

vendredi 10 juin 2016

I comme Infirmier

L'INFIRMIER militaire est une fonction.
On retrouve les infirmiers dans les S.I.M. (Section d'Infirmiers Militaires, une par région militaire, nous sommes dans la 17e). Nous les trouvons aussi dans les hôpitaux, les ambulances mais également dans les infirmeries régimentaires, jusque dans les tranchées au plus près des champs de bataille, sous la mitraille et les obus.

L'Histoire de la Grande guerre : la Guerre en Images vécue et racontée au jour le jour : récits de combats...
Bande dessinée historique (1928)
Gallica BNF

Louis Jean DUFFAUD 
2e classe, infirmier
Valence (82)
† Lin - (Serbie)


Louis est né à Valence le 25 mai 1888, fils d'Antoine et de Marguerite CHADIRAC. En 1911, il est déclaré domicilié à Vincennes (94) rue Galère.  C'est notre 2e coiffeur du challenge ! mais probablement aussi barbier.  Et de Barbier à infirmier il ne semble y avoir qu'un pas pour ce jeune homme âgé de 26 ans en 1914.

A la mobilisation, il rejoint le 59e Régiment d'Infanterie de Foix le 3 août. Il participe aux combats d'Eton dans la Meuse le 24 août puis c'est la bataille de la Marne à partir du 6 septembre. Il y reçoit sa première blessure par balle au ventre, le 8 septembre 1914.
 
Qu'advient-il de notre jeune Louis ? La fiche matricule ne stipule aucune période en Intérieur.

On le retrouve pour une seconde blessure par balles, cette fois-ci au bras droit, lors de la Bataille de Verdun, à Avocourt (55) le 29 mars 1916.

Après plusieurs changement d'affectations, janvier 1917 (84e RI) et Mars 1917 (35e RI), il rejoint le 5 juillet 1917 le 372e Régiment d'Infanterie. Celui-ci fait partie de l'Armée française d'Orient et est en poste dans les Dardanelles, aux côtés des armées britannique, serbe, italienne, russe et grecque. Face à eux, l'Empire Allemand, l'Empire Ottoman, l'Autriche-Hongrie, la Bulgarie.
 
C'est en Serbie que Louis DUFFAUD est tué le 18 octobre 1918  à l'âge de 30 ans.

Site Mémoire des Hommes
Source Gallica BNF


Le Petit Echo en campagne publie tout au long de la guerre des extraits de lettres. Voici celle d'un dénommé Hilarion, publiée le 23 juin 1918, écrite un mois auparavant.






 
 
 
Verdun a monopolisé la mémoire collective, faisant oublier d'autres combats, d'autres lieux.
100 ans après, cette campagne à l'autre bout de l'Europe est quasiment oubliée des livres scolaires.
Ma fille, étudiante,  vient d'en découvrir l'existence grâce à un magnifique film de Russell Crowe (2014) :

La promesse d'une vie.


Sources :
Archives départementales du Tarn et Garonne, fiche matricule, état civil
Tableau d'honneur du 59e Régiment d'Infanterie 1914-1918 : Ici
Le Front d'Orient (1915-1918) Mission Centenaire : Ici
Site Mémoire des Hommes
Site Gallica BNF, Presses et revues

jeudi 9 juin 2016

H comme Hussard

Le HUSSARD est un cavalier de la cavalerie légère.
Le premier grade du Hussard est Cavalier puis Brigadier



Uniforme Français 1915

Militaire d'un corps de cavalerie légère dont la tenue fut primitivement empruntée à la Cavalerie Hongroise (Dict.Larousse).

"Huszar" en Hongrois signifie le vingtième. En Hongrie, chaque village devait fournir 1 homme équipé (hussard) pour 20 manses (parcelle agricole pouvant faire vivre une famille).  Dans le sud de la France, la manse devient un mas..... Et nos cavaliers français des Hussards.

Armée française. Hussards. Ligne. 354 : [estampe] 1800-1869
Gallica BNF 

La cavalerie (blog) - Les différents cavaliers français - 1914

L'armée Allemande a aussi ses hussards. Parmi eux, le Hussards de la mort qui porte en insigne une tête de mort sur son shako.

Hussard de la mort - 1915
Figurine

TOURNIÉ Albert Pierre Marie
Castelsagrat (82)
La Fère en Tardenois (02)
 
 
Albert est un jeune coiffeur, né au lieudit "Barlié" à Castelsagrat en 1892 et domicilié en dernier lieu à Gasques (82) avec ses parents François et Albanie GILIS.
C'est lui-même qui choisira son affectation au 10e Régiment de Hussard, en s'engageant volontairement pour 3 ans à la Mairie d'Agen le 2 avril 1913. 
Nous ne trouverons aucune autre information sur la fiche matricule, hormis son décès le 11 mars 1915 à la Fère en Tardenois, des suites de maladies.

L'acte de décès, transcrit à la mairie de Castelsagrat le 17 mai 1915 complèteront les causes et lieu du décès : fièvre typhoïde 





Il repose au cimetière de Castelsagrat.
Son nom est gravé à Castelsagrat au monument aux morts et dans l'église sur la plaque commémorative.


******************

Sources :
La cavalerie (blog) Ici
Tableau d'honneur du 10e RH, transcrit par Martial LOPEZ (site Jean-Luc DRON) Ici
Mairie de Castelsagrat, transcription de décès
Archives départementales du Tarn et Garonne, fiche matricule
Site Gallica

 

mercredi 8 juin 2016

G comme Gendarme

Le GENDARME.
Le premier grade est Gendarme puis Brigadier

Le sujet du jour peut surprendre, nous parlons bien des soldats de 2e classes mobilisés en 1914-1918.

Plumet tricolore porté par colonel
et le chef de musique
"Grande tenue"
J'ai une pensée aujourd'hui pour le Gendarme qui devait assurer le maintient de l'ordre, les services de la prévôté et la chasse aux déserteurs. Il assurait également la bonne marche des ravitaillements comme près de Verdun, la sécurité et la circulation ininterrompue de la voie sacrée.

Souvent traité "d'embusqué", le gendarme n'avait pourtant pas un rôle facile, face aux déserteurs qui n'avaient rien à perdre.

Nombreux aussi furent ceux qui partirent volontaires dans une unité d'Infanterie. le Gendarme y a un rôle d'encadrement et obtient un grade à titre temporaire, le temps de la guerre. S'il mourrait, il conservait ce grade, s'il survivait, il reprenait son service après guerre sous son grade antérieur.

Mais le gendarme n'avait pas toujours l'honneur de pouvoir servir au front, les demandes trop nombreuses, ne furent pas toutes acceptées. On avait besoin d'eux en Intérieur.


DELVOLVE Mathieu
Saint-Nazaire-de-Valentane - Boudou (82)
† Saint-Louis-du-Rhône (13)


Gendarme à pied à la Brigade de Saint-Louis-du-Rhône (13) - Mort pour la France -

"Le 4 juillet 1917, procédant à la recherche des déserteurs, n'a pas hésité à fouiller à fond une maison publique où des sujets dangereux étaient signalés et a été tué d'un coup de revolver tiré à bout portant par un déserteur qui s'était réfugié dans une chambre" (citation à l'ordre de la Légion le 8 avril 1919, Historique de la 15e LG)

 Mathieu DELVOLVE a 46 ans et est marié, Ses parents Mathieu et Marie Anne BEDRINE sont domiciliés à Boudou (82). Il est Gendarme à pied depuis 1903.

Boudou ne fait partie de la communauté des Deux Rives, mais c'est bien la même Garonne qui coule au pied de ce village entre Moissac et Valence. 


Point de vue de Boudou - La Garonne
Le Tarn  tout de rouge se jette dans la Garonne encore "bleue" en amont
Photo Ch.BEZGHICHE


2 autres Gendarmes Tarn et Garonnais sont morts en 1914-1918
Pierre AUGÉ (1890-1915) originaire de Montech
Pierre Martin BOUSCARAT (1876-1918) originaire de Lafrançaise

Sur 18000 Gendarmes engagés, 1000 sont morts, tués à l'ennemi, des suites de leurs blessures ou de maladie.


 
Sources :
Historique de la Gendarmerie (Gallica BNF) : Ici
Historique de la 15e Légion : Ici
Site Mémorial Genweb.
Casque des gendarmes 1914 (forum Passion militaria) Ici

mardi 7 juin 2016

F comme Fourrier

Le FOURRIER s'occupait du fourrage pour les chevaux et du logis pour les hommes en campagne. Ce n'est pas un grade mais une fonction. On le reconnaît à la bande dorée sur chaque manche de sa vareuse.


Caporal ou Brigadier, Sergent, le fourrier s'occupe de l'intendance de la compagnie. Cette dernière comprenait 17 caporaux dont 1 caporal fourrier, 8 sergent dont 1 sergent-fourrier.
Dans la marine, il s'occupe des écritures et de la comptabilité du bateau.



ALBENQUE Antoine Bernard Jean Etienne
Valence (82) - Bordeaux (33)
† Toulon (83)


Antoine est né à Valence le 1er novembre 1876, fils de Pierre, négociant originaire de Moissac (82) et de Dame Jeanne SELBIS.

En 1896, l'année de ses 20 ans, la famille est domiciliée à Bordeaux où le jeune homme est inscrit au registre de matricule sous le numéro 2725. Ouvrier boulanger de son état, il est précisé "non utilisable". Il ne sera donc pas affecté aux boulangeries de l'Armée. La raison n'est pas mentionnée. On notera qu'il n'est pas affecté dans une unité combattante mais dans une section d'Infirmiers militaires.



Il fait tout son service (1897-1900) en Algérie, à la 20e section militaire d'Oran. Il y est nommé Caporal le 18 novembre 1898.  Envoyé dans la disponibilité, il est affecté à la 18e Section d'Infirmiers Militaires de Bordeaux où il fait 2 périodes d'exercices en 1903 et 1906

Adresse : il quitte la subdivision de Bordeaux pour celle d'Oran (Algérie)
24 septembre 1912
Mobilisé le 7 août 1914 à la 18e Section d'infirmiers militaire de Bordeaux, il est difficile de suivre son parcours. Il est alors âgé de 38 ans.

Sa fiche matricule mentionne deux autres affectations (sans date et quasiment illisible) où seul le mot "tirailleur" peut être identifié.

A noter qu'il est inscrit "Caporal le 20 février 1917". Il s'agit peut-être de sa nomination dans la fonction de "Fourrier", puisqu'il possède déjà ce grade depuis 1898.


La fiche MdH nous donne une affectation au 1er Régiment de Tirailleur Algérien.




Caporal fourrier
L'extrait du registre des décès noté adressé à Bordeaux est rayé.
Il est inhumé au cimetière de Moissac (82).


Sources :
Archives Départementales du Tarn et Garonne : Etat civil
Archives Départementales de la Gironde : Fiche matricule
Site Mémoire des Hommes (fiche)
Site les Tirailleurs d'hier et d'Aujourd'hui : ICI

 

lundi 6 juin 2016

E comme ESTRIGOS André

Pas de grade, ni de surnom,  ni de fonction pour la lettre E -

Et l'Enseigne de Vaisseau me direz-vous ?
Dans la marine, il est Officier Subalterne, entre l'Aspirant et le Lieutenant de Vaisseau.
Ce n'est pas un militaire du rang.



ESTRIGOS André Louis
Soldat 2e classe
Dunes † Dunes



André est né à Dunes le 25 novembre 1896, fils de Jean Marie, sculpteur toulousain, marié à une jeune Dunoise, Jeanne Aurélie BARADA.

Il n'a pas encore 18 ans à la mobilisation générale le 2 août 1914. Malgré une santé précaire, il fera un passage remarqué au sein de l'Armée.
"Soldat énergique et brave. Le 15 fev. 1917 a demandé à faire partie d'un groupe qui a exécuté un coup de main, a pénétré dans les défenses accessoires ennemies, a lutté contre un ennemi supérieur en nombre, lui a infligé des pertes et a ramené un prisonnier" (citation à l'ordre du régiment n°11 20 fev. 1917)

Incorporé le 12 avril 1915 au 63e Régiment d'Infanterie de Limoges. Il partira aux armées (au front) le 3 décembre 1915 au 15 juin 1917. Il passe au 104e Régiment d'Infanterie le 28 septembre 1916.

Hospitalisé le 16 juin 1917, il est réformé temporairement pour bacillose pulmonaire le 21 novembre 1917 par commission de Réforme de Mirande. Sa santé s'aggrave, la réforme est maintenue en novembre 1918 puis en octobre 1919, une pension d'invalidité est alors proposée.

Il décède à Dunes à l'âge de 24 ans, le 2 novembre 1920.

Il figure sur le monument aux morts de Dunes.





Le monument est signé "Estrigos Sculpteur"

œuvre de Jacques ESTRIGOS, sculpteur agenais de renom qui signe plusieurs autres monuments dans la région ?. Dans la liste de ces œuvres trouvées sur le net, le monument de Dunes n'y figure pas.


Ou œuvre de Jean Marie ESTRIGOS, père d'André Louis ?




Sources :
Archives départementales du Tarn et Garonne (Etat civil, recensement Dunes), Fiche matricule classe 1916 registre Montauban-Agen, n°575
 

samedi 4 juin 2016

D comme Dragon



Le Dragon est un Cavalier. Il combat à cheval ou à pied. 
Le premier grade est Cavalier 2e classe, (1ere cl puis Brigadier)

Devise : "Victoria Pinguet" - Il s'embellit par la Victoire -(10e et 5e Régiments de Dragons)

Un régiment comportait environ 540 sabres, les soldats n'avaient ni baïonnette au fusil ni outil et très peu de munitions.


Dragon 1914 - Collect. soldat de plomb
En 1914, oublions vite les grandes charges héroïques, les dragons, sabre au clair fendant à pied ou à cheval les rangs ennemis. La guerre de 1870-1871 est bien loin.  La puissance de feu de l'Infanterie et de l'Artillerie est telle que le rôle des dragons devient auxiliaire, cantonné aux missions de reconnaissance et de patrouille. Les groupes cyclistes qui les accompagnent assurent les liaisons. Les dragons combattent "démontés" à pied comme les fantassins.

A l'automne 1914, avec l'installation de la guerre des tranchées, de nombreux cavaliers quittent leur régiment et sont versés dans l'Infanterie.

Le 10e Régiment de Dragons est en garnison à Montauban entre 1914 et 1921.
Avec le 19e Régiment de Dragons de Castres il constitue la 15e brigade de Cavalerie.

La 10e Division de Cavalerie comprend en 1914 :
  • 2 Brigades  (la 10e et la 15e) ,
  • 10 groupes cyclistes du 1er Bataillon de Chasseur à Pied,  
  • 4 groupes à cheval du 14e Régiment d'Artillerie de Campagne
  • des sapeurs cyclistes du 6e Régiment de Génie


DANÉ Pierre dit "Léonce"
Golfech (82)
† Bois de la Gruerie (51)


Pierre est né à Golfech le 23 décembre 1892 de Guillaume et Anne "Zélia" GARRIC. Il a une jeune sœur, Juliette née en 1901. Son père est charpentier au lieudit Combes, il est lui-même tonnelier. A la mobilisation le 2 août 1914, il est au sous les drapeaux depuis un an, au 10e régiment de Dragon de Montauban.


Bagatelle, le 30 juin 1915
(Historique du 10ème Régiment de Dragons. Transcrit par LOPEZ Martial)
10e Régiment de Dragon, Groupe A (Réserve), 5e escadron

"Le 30 Juin, une attaque allemande très dure allait mettre en péril tout entier le sous-secteur F de BAGATELLE. Bombardement intensif de 4 heures, trois assauts successifs, Tranchées bouleversées, contre-attaques énergiques, pertes considérables ; bravoure inlassable, voilà ce qui ressort des citations attribuées aux nombreuses victimes de la journée"
"Les pertes totales sont de 3 Officiers et 8 hommes tués, de 26 disparus ; quatre Maréchaux des Logis blessés ainsi que 21 hommes. Le 3 Juillet, à la GRUERIE, on constate encore le décès de quatre Dragons, dont un Brigadier et un Infirmier" 

Vienne-le-Château (51) Bois de la Gruerie, Bagatelle
Carte d'Etat-Major (1820-1866) - Géoportail

 
Pierre DANÉ est tué au combat de Bagatelle le 30 juin 1915 (d'après le tableau d'honneur du 10e RD, 5e escadron). Son décès est constaté dans le bois de la Gruerie le 5 juillet. Il est inhumé le jour même au ravin de la Houyette, fosse commune n°2. (fiche matricule)
 L'Ossuaire de la Gruerie (Vienne-le-Château) rassemble près de 10.000 corps exhumés du bois de la Gruerie

 Il est inscrit au monument de Golfech sous le prénom de Léonce.
Monument aux morts de Golfech - Photos Ch.Bezghiche
 Citation posthume à l'ordre du régiment le 30 juillet 1919 : "Cavalier valeureux. A toujours donné entière satisfaction tant par sa belle attitude au feu que par sa manière habituelle de servir" (Fiche matricule)
Croix de Guerre étoile d'Argent - Médaille Militaire
Médaille commémorative Française de la Grande Guerre
Médaille de la Victoire

**********
 
Sources :
Archives départementales du Tarn et Garonne : état civil, fiche matricule 828, classe 1912 registre Montauban-Agen, recensement de population Golfech, de 1896 à 1911 -
Historique du 10ème Régiment de Dragons - site Jean Luc DRON - Ici
Le Chtimiste : Régiment, Division et Corps de Cavalerie en 1914-1918, c'est quoi ? - Ici
Mémorial Genweb : Ossuaire de la Gruerie - Ici
Blog Ptitsoldat57 - Soldats de plomb 1914-1918 -  Ici
 

vendredi 3 juin 2016

C comme Cabot

Le CABOT c'est le surnom du  Caporal ou du  Brigadier, selon le régiment.

Il porte sur sa manche 2 galons écarlates parallèles sur chaque avant-bras.
Monument à Sartilly (50)
commune de Théophile MAUPAS
Le Caporal-fourrier porte un galon supplémentaire en oblique sur chaque bras.


Il commande une escouade de 10-15 hommes, fait l'appel, il s'occupe de l'organisation des gardes et est chargé de la discipline au sein de son groupe. "La discipline faisant la force principale des armées, il importe que tout supérieur obtienne de ses subordonnés une obéissance entière et une soumission de tous les instants" (règlement militaire).

Le 17 mars 1915, 4 caporaux originaires de Bretagne et de Normandie sont fusillés pour l'exemple à Souain (51). Leurs hommes avaient refusé de partir à l'assaut sous la mitraille ennemie et les tirs d'obus trop courts de l'artillerie française. Après des jours de combats épuisant et devant le spectacle des monceaux de cadavres de leurs camarades tombés, ils étaient restés dans les tranchées.
Aux Caporaux MAUPAS LECHAT GIRARD LEFOULON




PAGANEL Pierre Émile
Castelsagrat - Montbarla
† Souilly (55)

Né à Castelsagrat le 19 mai 1885,  il est le 5e fils et dernier enfant de Bernard PAGANEL et Catherine MONÉDIÈRE, le seul qui avait atteint l'âge adulte.


Pierre PAGANEL
Mémorial Genweb
G.DOUCET
Il effectue son service militaire au 9e Régiment d'Infanterie d'Agen entre de 1906 à 1908, promu au grade de Caporal le 5 octobre 1907.

A 25 ans, il épouse à Montbarla Léocardie Antonia LABORIE, 23 ans, dont il ne semble pas avoir d'enfant. En 1913, il s'installe à Montbarla.

Rappelé par le décret de mobilisation, il est affecté au 11e Régiment d'Infanterie (casernement à Montauban et  Castelsarrasin) et arrive au corps le 3 août.

Il est porté disparu dans la Meuse, à Souilly, lors de la 1ere bataille de la Marne, le 6 septembre 1914.

Plaque émaillée
Montbarla (82) Porche de l'église
 

Au village de Montbarla, c'est une plaque commémorative sous le porche de l'église qui fait office de monument aux morts où depuis près de 100 ans a lieu toutes les cérémonies.

Plaque commémorative - Eglise de Montbarla

 

*********

Sources :
Archives départementales du Tarn et Garonne, état civil, famille, fiche matricule n° 425 classe 1905
Photos à Montbarla : Ch. Bezghiche
Site Mémorial Genweb (Portrait) Ici
Site : La Hiérarchie militaire Ici




 

jeudi 2 juin 2016

B comme Brigadier


Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Le Brigadier ou "BRICARD" est dans l'Artillerie et la Cavalerie l'équivalent du Caporal dans l'infanterie.

C'est le 1er grade du soldat. On note ensuite souvent une fonction telle que Brigadier-Fourier, Brigadier-automobiliste... et n'oublions le Chef


Il est responsable d'une escouade de 8 à 12 hommes



FERRIER Fernand
Auvillar - Valence (82)
† Bertrix (Belgique)
 
 
Insigne du 9e RCC
Fernand est né le 2 juin 1882 à Auvillar dans la maison de la veuve PEYTAN, sa grand-mère maternelle, il est fils de Jean Frédéric, cocher et de Catherine PEYTAN, cuisinière, domiciliés ensemble à Valence d'Agen.
 
Il est de la classe 1902, numéro de matricule 82 au recrutement d'Agen. 1m66, brun au yeux bleus, il présente plusieurs cicatrices de brûlures au dos.  Il est incorporé au 9e chasseur le 1er octobre 1903. Il obtient son grade de Brigadier le 18 novembre 1904. Réformé temporaire en janvier 1905, il sera à nouveau mobilisé entre janvier et septembre 1906.

 Sa fiche matricule nous informe également de ses adresses successives. En 1908 il est rue Gambetta à Montauban (82), en 1909 il passe 6 mois à Sarlat (24) puis revient à Valence, en 1911 il est à Auch (32) , à nouveau Valence en mars 1914.

Domestique, cultivateur... difficile de retrouver la trace de son mariage avec Eugénie ADEMA dont il aura au moins une fille à Valence le 24 novembre 1909, prénommée Alice Edith.
 

A la mobilisation générale, il rejoint son unité le 3 août 1914.
 

JMO 9e RCC - 22 août 1914

Le 22 août 1914, le 9e R.C.C est chargé de la reconnaissance et précède l'avancée du 17e Corps d'Armée
 
 


Plusieurs rapports tout au long de la journée feront état de la présence massive des soldats allemands dans la forêt de Luchy.



On sait ce qu'il advint ce 22 août 1914. La colonne qui s'engagea le long de la forêt de Luchy fut décimée.
 
 
  
FERRIER Fernand,  6e escouade,  meurt des suites de ses blessures à Bertrix, le 22 août 1914.
Il est présent sur la plaque commémorative dans le hall de la mairie. Le monument aux morts ne comportent aucun nom.

 
Monument de Valence d'Agen


Sources : Photos Gallica BNF
Site Mémoire des Hommes, Journal de Marche et opérations du 9e RCC
Insigne : Wikipédia
Monument de Valence : C.Bezghiche

mercredi 1 juin 2016

A comme Artiflot

L'artiflot : sobriquet que donne le fantassin au soldat de l'artillerie
Polin (1863-1927)
célèbre comique troupier
dans son costume d'Artiflot


"Les tourlourous.... les pantalons rouges... Bidasse... Nous avons revu tout cela, l'autre soir à l'Empire.
Polin !
Polin !
.......Deux yeux malins et qu'il astique mieux que ses boutons d'artiflot. Un képi dont la visière sert de marquise au visage réjoui de ce pioupiou en permanence" (Paris-Sud 12/05/1924)






POMMIES Albert François 
 Perville - Valence
 † Eton (55)
 
 
Né à la Tuilerie, commune de Perville le 16 janvier 1892, cultivateur, fils ainé de Joseph et de PAGÈS Marguerite, mariés en janvier 1891. Le couple aura 7 enfants, dont 5 atteignent l'âge adulte. En 1912 lors du recrutement militaire, la famille est domiciliée à Valence d'Agen.

Il est classé soutien indispensable de famille le 9 septembre 1913 et incorporé au 23e Régiment d'Artillerie de Toulouse, le 10 octobre 1913.
Il est sous les drapeaux à la mobilisation le 2 août 1914.

Le régiment est constitué de 3 Groupes d'Artillerie. Il est doté du canon 75, léger, maniable et rapide.


Fiche technique du canon 75 : Ici

En l'absence de l'affectation exacte (batterie), il est difficile de trouver le parcours d'Albert POMMIES. Les groupes de batteries sont disposés sur un large champ, voir parfois à plusieurs dizaines de kilomètres l'un de l'autre.




Le 22 août 1914 à 14 h les trois groupes sont en batterie en Belgique dans la région. La 5e batterie neutralise une batterie de 77 allemande ce qui remonte le moral des hommes. En fin d'après midi, ils apprennent le mitraillage de l'Infanterie à l'orée d'un bois (Ochamps), le régiment porte alors ses tirs sur ce bois, permettant à ceux qui le peuvent encore de se dégager de cet enfer.

Le régiment toulousain ne subira aucune perte ce jour là.

L'ordre de retraite est donné dans la nuit du 22 au 23.

"Le 23 et 24, le régiment prend position entre la Chiers et la Meuse, près de Maizincourt et d'Amblimont. Il effectue de nombreux tirs de harcelement sur les têtes de colonnes ennemies. Dans la nuit du 25, passage de la Meuse...." (Historique du 23e Régiment d'Artillerie de Campagne- Gallica BNF)


Le 24 août 1914, à Eton dans la Meuse, les trois groupes du 23e RAC sont en soutien de l'infanterie de la 134e brigade (259e, 283e et 288e Régiment d'infanterie). 

"Le 24 au matin, une fusillade plus nourrie annonce la prise de contact des deux infanteries. Vers 8 heures, quelques avions ennemis survolent nos lignes, signalent les emplacements de nos troupes, règlent le tir de leurs canons ; les premiers obus tombent autour de la briqueterie ; nos artilleurs répondent, mais on sent qu’ils sont vivement pris à partie et qu’ils ont de la peine à riposter. L’éclatement des gros obus de l’artillerie lourde allemande domine de temps en temps le vacarme assourdissant de ce premier champ de bataille. Bientôt le combat s’engage sur tout le front ;mitrailleuses et fusils, tout crépite, tandis que le canon continue à tonner avec rage" (Historique du 259e RI, transcription : Xavier ANTOINE, 2011)  

 
Albert François POMMIÈS, 22 ans, est tué à l'ennemi à Éton (55)

Cité à l'ordre du Régiment le 17 juillet 1919
"Bon canonnier, tué à son poste de combat le 24 août 1914"
Décoré de la Croix de guerre étoile de bronze et de la Médaille Militaire.







Il est inscrit sur les plaques commémoratives de Valence, à la mairie et dans l'Eglise.

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Dans l'artillerie, le soldat de 2e classe se distingue selon sa place et sa fonction auprès d'une pièce d'artillerie. Il peut être 1er ou 2e canonnier servant, conducteur. Le pointeur est soldat de 1ere classe.

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Sources :
Photos Gallica, Archives départementales du Tarn et Garonne.
Historique du 23e RAC, 259e RI, 288e RI. (Gallica BNF)
Fiche Mémoire des Hommes : Ici
Fiche Mémorial Genweb : Ici
Le canon 75 (blog) : Ici